Au XXIe siècle, la photographie s'est libérée de l'emprise de la chimie pour entrer dans le domaine de l'immatériel. Un cliché de la plus haute qualité est un simple fichier numérique, suite de 0 et de 1 généralement gravée sur un support magnétique. L'informatique et les ordinateurs ont été développés pour ordonner, traiter et faire fructifier ces données. Le traitement de donnée le plus simple et le plus couramment effectué est la copie ; et la copie d'un fichier informatique, d'une photographie, d'un fichier musical voire vidéo, n'efface pas l'original, ne dépossède pas son propriétaire initial.

Pourtant, bien des techniques ont été utilisées par les éditeurs d’œuvres visuelles et sonores, moins souvent par leurs auteurs, pour tenter de brider la simplicité de ce partage par simple recopie de fichier. Parmi elles se trouve l'enrichissement des clichés photographiques par un filigrane identifiant l'auteur. Toutes ont échoué ou sont en passe de le faire, pour la simple raison que le droit à la copie est à la base du fonctionnement de tous nos outils digitaux. Le filigrane, par exemple, dégrade l’œuvre sur laquelle il est apposé, aussi discret soit-il. Pire, le copieur indélicat recadrera seulement la photographie de manière à supprimer le filigrane, dégradant l’œuvre une deuxième fois. Le filigrane est inutile. Vouloir brider la copie numérique est illusoire. L'encourager, en revanche, profiter de ce don simple de la technique numérique, est probablement l'approche la plus appétissante.

Le partage enrichit celui qui donne comme celui qui reçoit. Le photographe amateur que je suis, à l'instar du scientifique que je suis également, a le plus grand intérêt, pour lui, pour la science, pour l'art et pour la société, à partager ses travaux. Du point de vue égoïste et personnel, la première retombé de ce partage est la renommée : le partage est une certaine forme de publicité. Mais là n'est point l'essentiel. Le partage enrichit le collectif là où les efforts de privatisation peinent à valoriser le particulier. Un des meilleurs exemple en est Wikipedia, l'encyclopédie en ligne dont l'objectif n'est ni plus ni moins que de devenir le recueil du savoir humain. L'un des multiples corollaires de Wikipedia est Wikimedia Commons, recueil de media libres, non pas libres de droits, mais partagés sous licence libre : sous licence Creative Commons; qui autorise explicitement la copie et le partage.

Les licences Creative Commons ont été crées pour favoriser ce partage. Elles sont gratuites et utilisables par tous par simple apposition d'un bandeau sur l’œuvre à partager. Les filigranes ont disparu du site de gdi.photo dans l'esprit de la licence CC-BY : partage sous condition d'attribution à l'auteur. Confiance est ainsi placée dans l'utilisateur, le partageur, qui aura à cœur de respecter l'esprit de la licence.

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